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     »  Préventions et vaccinations


Ce sont des termes qui sont souvent employés en colombophilie, à tort et à travers et sont à l'origine de beaucoup de confusions.
Au cours du printemps, la plupart des amateurs font un « traitement préventif ». C'est une expression traditionnelle, à laquelle je préfère « traitement aveugle » puisqu'il n'y a, dans la plupart des cas, aucun diagnostic préalable, posé par un homme de l'art. En fait, il s'agit d'un petit traitement destiné à éliminer les parasites, presque de règle dans toutes les colonies, que sont les trichomonas et lés coccidies. Chacun sait que, lors de l'élevage, ces parasites ont une forte tendance à se multiplier donc à devenir dangereux, en particulier pour les pigeonneaux qui sont contaminés dès les premiers gavages et en ressentiront gravement les effets vers l'âge de 8 10 jours. C'est donc plutôt un traitement préventif d'accidents graves, par élimination des germes.
La véritable prévention médicale est réalisée par les vaccinations en milieu sain. C'est cela la vraie prévention : la vaccination contre une maladie microbienne provoque dans le corps du pigeon une réaction qui lui permet d'empêcher la multiplication du microbe de la même maladie pendant un temps variable. Ainsi les pigeons vaccinés (avec un vaccin valable) contre la paratyphose au cours de la fin de l'hiver, seront protégés contre toute contamination paratyphique pendant les 4 à 6 mois suivants. Au bout de ce temps. la protection va diminuer assez vite, va devenir insuffisante puis nulle. A moins qu'on fasse rapidement ce qu'on nomme « un rappel » c'est à dire une nouvelle vaccination. Ces vaccinations présentent un intérêt grandissant, les microbismes étant de plus en plus fréquents et les contaminations (échanges, achat, au panier, etc.) par conséquent plus redoutables. Compter uniquement sur la vitalité des pigeons pour y résister est une vue de l'esprit et une vantardise. Tout ce qu'on peut espérer, c'est qu'une partie de la colonie ne présente aucun symptôme caractéristique du mal et reste « porteur sain » donc paraisse ne pas en souffrir mais n'en constitue pas moins une menace permanente pour tous les pigeons qui les approchent puisque les porteurs sains éliminent, surtout par les fientes, de nombreux microbes dangereux. Et pour des pigeons soumis à de rudes efforts l'état de porteur sain est un état précaire.
On utilise parfois les vaccins à titre curatif, dans le cadre d'un traitement général (antibiotiques, désinfectants, etc.). Le traitement par l'eau bloque puis tue les microbes de la maladie en cours pendant que la vaccination (répétée à quelques jours d'intervalle) permet à l'organisme du pigeon de développer des moyens de défense (appelés « anticorps ») qui empêcheront, plusieurs mois durant, toute récidive et toute rechute.
Les vaccinations ont donc toujours pour but de provoquer la production d'anticorps dans l'organisme du pigeon. On emploie soit des « vaccins tués » dans lesquels les corps microbiens ont été tués par la chaleur ou les antiseptiques (vaccins contre les maladies microbiennes) soit des « vaccins vivants » employant des virus qui ont été rendus inoffensifs par diverses techniques (c'est ce qu'on emploie habituellement pour les vaccinations contre les maladies à virus quels que soient le virus et l'espèce à vacciner, homme compris).
Avec les vaccins tués, la vaccination se fait par la voie générale (piqûres sous cutanées ou intramusculaires, plus rarement par la bouche). Avec les vaccins vivants, on recherche une réaction locale atténuée (la maladie en très bénin) par la voie générale, mais surtout localement (par ex. vaccination contre les poquettes). Donc avec ces vaccins vivants, on ne peut que prémunir un organisme sain. Leur emploi sur un oiseau contaminé est inutile et inopérant. L'apparition d'une réaction locale ou générale au vaccin, signe de la « prise vaccinale » est donc une nécessité absolue. S'il n'y a aucune réaction c'est que le vaccin ne « prend » pas (pigeon encore sous la protection de la précédente vaccination ou de la maladie qu'il a eue plusieurs mois auparavant vaccin mort et sans valeur vaccination mal faite, etc.). II est primordial de savoir tout cela quand on vaccine.
Les oiseaux sont de mauvais vaccinés. II n'y a pas qu'eux, chez qui la protection acquise est de trop courte durée au gré de leur maître. En milieu contaminé, il faut un rappel de vaccin tué après 4 mois, surtout au premier rappel, au risque de voir quelques pigeons craquer. Que cela vous rappelle aussi la très grande utilité des désinfections énergiques et soignées quand une maladie grave a sévi au colombier, désinfection coordonnée avec le traitement d'attaque évidemment.
S'il est toujours préférable d'effectuer les vaccinations en période de repos (repos hivernal, couvage) la réaction organique est toujours bénigne, la plupart du temps inexistante chez les sujets sains. Toute réaction violente à une vaccination au moyen d'un vaccin tué, doit être tenue pour consécutive à une contamination antérieure du sujet : la maladie est déjà là. Cela implique la consultation de l'homme de l'art rapidement, et l'institution d'un traitement médical complémentaire.
Les colonies vaccinées contre les maladies microbiennes sont légions. La plupart l'ont été parce qu'elles étaient contaminées. L'amateur ne s'en vante pas, le plus souvent par gloriole, quelquefois parce que cela menacerait ses ventes. De toute façon, aucun de ces amateurs ne peut dire qu'il a mal joué après la vaccination, beaucoup lui doivent leur maintien, quelques uns leur résurrection. Et cela parmi les gloires colombophiles...

J. P. STOSSKOPF Dr. vétérinaire





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