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Chaque saison, en particulier lorsque
viennent les premières chaleurs,
on trouve soudain au colombier,
un pigeon souvent un pigeonneau
avec l'oeil gonflé, larmoyant,
purulent dès le lendemain.
"Tiens, il a pris un coup de
bec" dit l'amateur optimiste.
Mais les jours suivants, d'autres
cas apparaissent. Alors fini la
thèse du coup de bec.
En fait, il s'agit du syndrome (c'est
à dire un complexe atteignant
une région et dont les causes
sont multiples) "coryza".
Ce coryza sous ses diverses formes,
plus ou moins nettes, plus ou moins
aiguës, est la plaie moderne
de la colombophilie. Une crise violente
dans le colombier met les pigeons
hors de combat pour 2 ou 3 semaines;
l'existence d'un coryza chronique
peu apparent rend tout résultat
valable impossible, en particulier
à bonne distance et par temps
chaud.
La "maladie des yeux"
est dont la forme aiguë de
ce coryza. On sait que la région
"nez gorge oreilles" est
d'une extrême complexité
anatomique: la bouche communique
avec le nez par l'intermédiaire
de la fente palatine, le nez communique
avec l'oeil par l'intermédiaire
des sinus et du canal lacrymal.
Le tout avec les oreilles par les
trompes d'Eustache.
Connaissant ces relations anatomiques,
les choses vont devenir plus faciles
à suivre. Premier responsable
: le trichomonas. L'examen microscopique
de la salive d'un "malade des
yeux" montre qu'elle est bourrée
de trichomonas. Il y en a en général
plus que de salive. Ces parasites
remontent peu à peu de la
gorge, leur lieu de prolifération
habituel, franchissent la fente
palatine (qu'ils font se fermer
par l'inflammation qu'ils provoquent)
et gagnent les fosses nasales, les
sinus. Même réaction
inflammatoire des sinus, le canal
lacrymal se ferme, les larmes ne
s'évacuent plus par cette
voie naturelle : le pigeon pleure.
Tous les êtres vivants sont
porteurs de germes dits "saprophytes"
qui vivent avec lui, dans différents
lieux de son individu : colibacilles
dans l'intestin, germes microbiens
divers dans sa bouche, microbes
et virus dans les fosses nasales,
etc... Ces germes sont inoffensifs
parce qu'ils sont tenus en respect
par les réactions de défense
de l'organisme, l'équilibre
chimique du milieu, etc... Mais
que cet équilibre se modifie,
que les défenses organiques
baissent, les hôtes inoffensifs
deviennent virulents, dangereux.
Et chose plus grave, cette virulence
est transmissible, contagieuse.
Sur un autre pigeon, ils seront
capables aussi de créer des
désordres même si le
nouvel hôte a de bons moyens
de défense. De là
l'extension du mal, d'autant que
les pigeons vivant dans le même
local, connaissent en général
les mêmes causes d'amoindrissement
de leurs moyens de défense
; les pigeonneaux sont, de par leur
âge, moins résistants.
De plus, une équipe connaît
les mêmes fatigues, la même
nourriture, le même local
(qui peut devenir un habitat médiocre
dans certaines circonstances atmosphériques
: chaleur : variation de la direction
du vent variations hygrométriques
sureffectifs).
Les germes devenus dangereux doivent
évidemment être combattus.
Les plus fréquents sont les
staphylocoques blancs ou dorés
(pas meilleurs pour autant) les
entérocoques, les colibacilles,
les klebsielles, les mocoplasmes.
Enfin les travaux du Professeur
VINDEVOGEL ont montré la
fréquence d'un virus spécifique
(herpès virus) associé.
Cela fait beaucoup de monde. C'est
dire que le traitement valable va
devoir être très large.
En ce qui concerne l'herpès
virus, on est actuellement désarmé
contre lui. Une vaccination sera
peut être possible dans quelques
années mais le problème
semble encore loin d'être
résolu sur le plan de la
médecine pratique.
II reste encore 6 germes différents
au moins possibles et chaque souche
a des sensibilités variables
à tel ou tel antibiotique.
On entend souvent un amateur dire
à un autre "moi je mets
tel produit dans l'eau, ça
marche du tonnerre". Et l'autre
d'essayer sans succès. Tout
simplement parce que les germes
de l'un sont sensibles à
ce produit et ceux de l'autre pas.
Le produit n'y est pour rien et
sa qualité n'est pas en cause.
Tout ce qu'on peut dire, c'est certains
antibiotiques ou associations antibiotiques
sont efficaces dans une majorité
de cas et d'autres beaucoup moins
souvent. Alors il faut d'abord employer
les premiers et si ça ne
suffit pas, en employer d'autres.
On est condamné à
jouer à la loterie. Seule
une recherche bactériologique
de laboratoire avec antibiogramme
peut limiter les risques mais n'est
cependant pas absolue pour des raisons
toujours possibles de résultats
fragmentaires ou d'emploi inadapté,
(par exemple certains antibiotiques
sont inefficaces par le bec).
Un certain nombre de règles
dominent tout de même pour
un traitement efficace : il comprendra
obligatoirement un antitrichomonas.
On y associera s'il le faut un traitement
contre les autres parasites intestinaux
dont on sait la colonie porteuse
(un examen de fientes par le vétérinaire
est toujours utile). L'administration
d'antibiotiques efficaces par la
seule eau de boisson est généralement
insuffisante, même à
haute dose et assez longtemps.
L'instillation de gouttes calmantes
et désinfectantes 2 fois
par jour aux "malades des yeux",
dans les yeux et les narines est
toujours recommandée. Mais
l'éradication n'est vraiment
obtenue que lorsque ce traitement
général est complété
par 2 piqûres d'antibiotiques
actifs à 24 heures d'intervalle.
Ce traitement (eau de boisson +
piqûres) doit être fait
à la totalité des
pigeons, au moins du même
colombier. Sinon les rechutes vont
suivre, systématiquement,
obligeant à de nouveaux traitements
et aux pertes de temps consécutives.
Tandis qu'un traitement complet
rend énergiquement et avec
logique ne provoquera qu'un arrêt
d'un dimanche.
Bien sûr, il faudra modifier
le colombier. C'est souvent le plus
difficile car il faut avoir la notion
de ce qui ne va pas de ce côté.
Certains colombiers excellents par
temps normal, deviennent insuffisants
par grosse chaleur. Question de
mouvement d'air souvent, celui ci
étant assuré soit
par le vent entrant par les aérations,
soit par la différence de
température entre le sol
et le toit. Un vent qui tourne,
une forte chaleur qui augmente les
besoins respiratoires des pigeons,
tout cela constitue la cause favorisante
qui permet l'apparition aiguë.
Le colombier modulable parfait n'est
encore qu'un heureux hasard.
Jean Pierre STOSSKOPF
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n°18 chemin de l'étang
long 66380 PIA
TPH: 04 68 63 32 26
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