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     »  Les suites de la pseudopeste

Malheureusement, cela intéresse un nombre important d'amateurs qui ont préféré l'inertie (« ça n'arrive qu'aux autres ») ou la méfiance (on écoute tout le monde, jusqu'à trouver quelqu'un qui dise comme vous même et surtout s'il n'y connait rien), à la confiance en ceux dont c'est le métier de garder et de remettre les pigeons en bonne santé. Bref, ce qui est fait est fait et la seule chose souhaitable, c'est que chacun en tire la leçon.
La maladie sévit partout, est présente partout, au point qu'on a vu de nombreuses colonies atteintes dans leurs pigeonneaux de mi saison ou tardifs non vaccinés alors que les adultes vaccinés résistaient parfaitement. Preuves d'une part de la menace constante de la maladie, d'autre part de la qualité de la protection vaccinale. C'est également dans de telles circonstances qu'on a pu voir qu'environ 6 mois après la vaccination par le vaccin inactivé (Newcavac Imopest Itanew) la protection commençait à être insuffisante pour quelques pigeons, et qu'il fallait faire un « rappel de vaccination ».

Comme tout le monde le sait maintenant, la maladie a une virulence très variable d'un colombier à l'autre, Tel n'a que 5 % de pigeons atteints de phénomènes nerveux (torticolis paralysie cécité épilepsie) mais beaucoup de cas de diarrhée, un autre 25 % de pigeons atteints nerveusement et peu de cas de diarrhée. L'état de la colonie, la fatigue des concours, la qualité de l'alimentation (au sens complet du terme graines minéraux vitamines etc) d'une part, la virulence du virus d'autre part, constituent les données de la maladie et conditionnent la gravité.

Le recul a permis de voir et d'étudier ce qui se passe dans les colonies atteintes à des degrés variables.

D'abord une observation : quand la maladie a sévi sur une partie de la colonie (par exemple les tardifs, les autres étant restés indemnes) il est absolument certain qu'au moins une partie des pigeons restés indemnes, n'en hébergent pas moins le virus et constituent donc un danger pour tout pigeon non vacciné qui sera introduit dans le colombier. La prudence la plus élémentaire veut, par conséquent, que tout « nouveau », jeune ou adulte, reçoive le vaccin inactivé (il est toujours disponible dans le flacon) ou vivant (à l'occasion d'un rappel puisqu'il n'existe que pour un grand nombre de pigeons qui doivent le recevoir dans les 2 heures de sa préparation) plusieurs jours avant d'être introduit dans la colonie.
Ensuite, que reste t il après l'orage?
Nous l'avons vu, deux sortes de localisations majeures : nerveuse et intestinale.
Les symptômes nerveux sont plus ou moins accusés. Certains pigeons sont tellement « tordus » qu'il leur est impossible de se nourrir et qu'il faudrait les gaver pour les maintenir en vie. Alors pour accepter cela, il faut vraiment avoir affaire à un pigeon exceptionnel. Les autres sont moins profondément marqués : torsion moins accusée, crises plus ou moins fréquentes coupées de calmes où le pigeon est presque normal, etc. Ceux là, à condition d'être au calme sont capables de boire et manger seuls. Alors pour eux se pose la question de leur valeur. On cite des pigeons qui, après plusieurs mois de convalescence, ont retrouvé leur aspect normal et ont pu voyager à nouveau avec succès. Ne nous faisons pas trop d'illusions, ils ne sont pas nombreux. Par contre, rien ne s'oppose à ce que les pigeons de valeur passent à la reproduction, si leur passé sportif et leur origine les en rendent dignes.

La diarrhée n'est que le symptôme le plus spectaculaire de la pseudopeste « non nerveuse ». En fait, cette diarrhée profuse, inondante, a son origine dans une inflammation générale non seulement de l'appareil digestif mais encore d'autres viscères. L'autopsie des pigeons diarrhéiques morts ou sacrifiés, montre une très forte proportion d'atteintes rénales extrêmement graves. Une bonne connaissance des colonies convalescentes permet de dire que, si la maladie a été sévère comme ça été hélas souvent le cas, les pigeons rescapés restent mous, légers, tristes. Le moins qu'on puisse dire alors, c'est qu'il est permis de douter de leur avenir sportif. Comme toujours, c'est l'amateur qui peut faire le point. Cela est très variable et tant mieux si l'alerte n'a pas été trop grave. Mais qu'on ne prenne pas cela à la légère. C'est une fois de plus la pratique sur une large échelle qui permet de tirer les leçons et non pas la théorie en chambre, ou l'expérimentation sur dix pigeons dans une cage.

Dans la ligne de ce qui vient d'être dit, on peu proposer aux colonies convalescentes des traitements complémentaires à base de vitamines A, groupe B et C pour favoriser la reconstitution nerveuse, des suppléments alimentaires facilement assimilables (levures, méthionine lysine) des protecteurs du foie et des reins (thés au boldo méthionine choline antiseptiques) pour l'appareil digestif et urinaire.
Et puis, après un certain temps, le triage indispensable et l'élimination impitoyable des sans valeur. C'est la condition première d'un redémarrage « du bon pied ».

Faut il revacciner les pigeons rescapés de la maladie ? Ces pigeons ont bien sûr fait des « anticorps », c'est à dire qu'ils se sont vaccinés naturellement en luttant contre la maladie. Comme sur ce chapitre là aussi, nous n'avons actuellement aucune expérience, nous en sommes aux suppositions. Le vaccin vivant protège 3 mois, le vaccin tué protège 6 mois. D'autre part, aucun oiseau n'est protégé sûrement, contre quelque maladie que ce soit, plus de 6 mois après vaccination. Alors disons que 6 mois après la maladie naturelle, il sera prudent de vacciner les rescapés. C'est l'expérience « sur le tas » qui permettra de fixer cela, comme elle a permis de fixer sur quelques autres.


QUELQUES PRÉCISIONS

Je réponds aux questions qui me sont le plus fréquemment posées.

Vaccin La Sota Gouttes yeuxnarines : A la suite de divers communiqués, le nombre de gouttes à mettre. Tout dépend de la dilution. Si on le dilue peu, 2 gouttes suffisent théoriquement. Mais la pratique montre qu'on en met souvent à côté. Alors, je maintiens : une goutte dans chaque ceil, deux dans chaque narine. En mettre une de plus n'a aucune importance évidemment. En mettre moins peut être grave, la dose pigeon devant être 5 fois plus que la dose poule.
Les Rappels :Ils dépendent du vaccin employé précédemment.

a) Six mois après vaccin inactivé (en injections).
-soit vaccin inactivé, même dose, valable 6 mois.
-soit vaccin La Sota yeux narines pour 3 mois. Au bout de ces 3 mois, il faudra soit faire une injection de vaccin inactivé valable 6 mois.
-soit refaire La Sota yeux narines pour une période indéterminée. Malgré ce qu'on a pu lire par ailleurs, personne, à l'heure actuelle, ne peut garantir la durée de la protection obtenue par 2 vaccinations La Sota successives à 3 mois d'intervalle.
On peut seulement dire : 3 mois au moins, c'est tout.
b) 6 semaines à 3 mois après vaccin LA SOTA yeux narines.
soit à nouveau La Sota (on peut attendre 3 mois dans ce cas). (Voir ci-dessus).

-soit, beaucoup mieux, vaccin inactivé en injection.

Cette combinaison La Sota suivie d'une injection de vaccin inactivé 6 à 8 semaines plus tard, confère la protection la plus solide qu'on puisse obtenir, mais pour 6 mois, probablement pas beaucoup plus. Cette vaccination est hautement recommandée pour les pigeonnaux : La Sota yeux narines au plateau vers 18 20 jours, vaccin inactivé en piqûre vers l'âge de 10 semaines.
Voilà où nous en sommes dans la pratique. Toutes autres considérations ne sont que des hypothèses non vérifiées chez le pigeon. Et c'est cela et cela seul qui nous intéresse ici.

-« Boules sur la tête » après vaccination en injections sous cutanées
Elles sont dues à une mauvaise résorption du vaccin (pas assez frotté après). Quelquefois, il y a oedème (grosse tête) réactionnel souvent par allerqie. Remède : attendre au moins 2 mois après la vaccination. Prendre la boule entre 2 doigts, fendre la peau sur 3 mm, appuyer énergiquement : il sort un pus blanc et dur. C'est tout.


Jean Pierre STOSSKOPF



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