:: Retour ::


     »  La santé et la plume

LA SANTÉ ET LA PLUME


II faut que la plume nouvelle garde toute sa qualité pour les expositions, puis les concours de la prochaine saison.
S'il faut s'inquiéter de cela dès maintenant, c'est tout simplement parce que, d'une part des dégâts peuvent être faits sur la plume toute nouvelle, d'autre part ces dégâts sont définitifs jusqu'à la mue suivante.
Les plus grands dommages faits au plumage, le sont par des parasites tels que les gales et les poux.
Les gales sont, en fait, des affections autant de la peau que de la plume. En effet le parasite vit à la base de la plume, dans le follicule où il s'insère dans la peau. C'est un petit parasite mesurant 11 10° de mm., affreux, qui se reproduit par des oeufs qui éclosent après 8 à 10 jours d'incubation. C'est un point important à connaître pour le traitement. Les parasites provoquent par leur présence (leurs pattes sont munies de crochets) et aussi par leur salive, une inflammation continue à la base de la plume, qui s'entoure d'un petit manchon feutré, gras, blanc, typique de ce parasitisme. Le pigeon se démange et la plume, mal nourrie, «déchaussée» se casse à quelques milimètres de la peau. Signalons que ces plumes sectionnées à quelques milimètres de la peau ne sont pas spécifiques de la gale. Tout manque de vitalité de la plume et en particulier des plumes de couverture (base du cou souvent), tout défaut de croissance est une cause de section, de cassure de la hampe. Mais il n'y a le petit manchon blanc crémeux que lorsqu'il y a gale. Les pigeons se contaminent par contact direct (les jeunes couvés par leurs parents les adultes serrés dans les paniers) ou par les petits duvets qui tombent régulièrement et qu'on voit sur les fientes et dans les cases chaque matin. II est par ailleurs assez fréquent que certains pigeons de colonies gravement atteintes prennent un aspect chiffonné, les lésions de parasitismes étant réparties un peu partout sur le corps. II n'est pas rare de trouver une gale sous le microscope dans le liquide de dilution des fientes pour examen microscopique.
Le traitement consiste à appliquer des produits capables de tuer les gales dans leur «manchon». Le traitement est donc généralement local, appliqué au pinceau. Le produit actif doit être très pénétrant, persistant (c'est à dire qu'il garde ses propriétés plusieurs jours) et non toxique. Jusqu'à présent le meilleur produit est le lindane en suspension à 1 pour mille dans de l'eau tiède. On appliquera 2 fois à 2 ou 3 jours d'intervalle puis 8 jours après la 2e. Si les lésions sont importantes, on ne soignera qu'une surface de 3 cm. de diamètre chaque jour, jamais plus, au risque d'intoxication par excès soit de lindane soit du solvant dont une partie passe dans le sang à travers la peau. II faut donc agir avec prudence. Bien entendu, il faut pulvériser partout du lindane dans le colombier, après blanchiment par exemple, et après avoir éloigné les pigeons pendant quelques heures. Le lindane peut, pour cet usage être remplacé par d'autres produits très actifs, contre les tiquets, lui même l'étant peu. Les poux, en particulier les poux rouges et les gros poux blancs sont éliminés en même temps par ces pulvérisations.
Intermédiaires entre les gales et les poux sont les Falculifer. Plus gros qu'une gale, et lui ressemblant beaucoup, ce parasite se tient dans l'extrémité creuse des rémiges et en sort par l'opercule, la nuit. II se nourrit de barbules, provoquant dans la plume de petits trous, en ligne, donnant l'apparence de «piqûres à la machine à couire» parallèles à la hampe. Sous l'effet des efforts mécaniques supportés par la rémige au cours du vol, les barbes se désagrègent peu à peu et la plume prend un aspect Lamentable de peigne édenté. Inutile de rappeler qu'une fois les trous faits, il n'y a plus qu'à attendre la mue suivante. II est donc indispensable d'agir immédiatement pour tuer le parasite et stopper les dégâts. Cela est réalisé par l'insufflation de poudres insecticides dans le plumage ou l'adjonction systématique de ces poudres à l'eau du bain hebdomadaire.
La lutte contre les poux, les plus fréquents étant ces petits traits qu'on voit dans les rémiges par transparence et appelés lipeures, participe de la même technique. On les élimine facilement, quelle que soit leur espèce (poux rouges, poux blancs, lipeures) en conjuguant les adjonctions de poudre dans l'eau du bain (si quelques pigeons en boivent cela n'a aucune importance et aucune suite) et la pulvérisation de produits énergiques sur les murs, dans les cases, etc. du colombier deux fois par an. Je termine en signalant que l'usage de produits très forts en odeur est très mal supporté par les pigeons. Aussi devra t on éviter soigneusement le carbonyl, formol, pétrole, eau de javel concentrée, Crésyl, etc., pour ces pulvérisations. II n'y a rien de mieux pour faire éclater un coryza latent.


J.P. STOSSKOPF, Dr Vétérinaire.



:: PVR ::

:: Adresse ::

n°18 chemin de l'étang long 66380 PIA

TPH: 04 68 63 32 26


:: E-mail ::


COPYRIGHT PVR 2004