LA PRÉVENTION
DE LA PARAMYXOVIROSE
Des milliers de colonies françaises
ont encore été victimes
cet automne de cette maladie. Des
millions de pigeons ont dû
être sacrifiés. Et
à cette heure ci (début
janvier), de nouvelles colonies
sont frappées chaque jour,
contrairement aux années
précédentes où
l'épizootie s'éteignait
dès novembre.
Alors, si vous êtes un amateur
raisonnable et non un tranche montagne
qui se croit plus malin, plus chanceux,
plus au courant que tout le monde,
voici ce que vous ferez pour prévenir
avec certitude toute attaque de
ce mal, tout au long de l'année.
Les seuls vaccins valables, parce
que protégeant longtemps
et sûrement, sont les vaccins
inactivés(tués) injectables.
Ces vaccins sont soit huileux (Imopest
Itanew Newcavac), soit aqueux (colombovac).
Ils sont stockés obligatoirement
au frigo entre 2 et 6 °C. Ils
y conservent leur valeur jusqu'à
la date de péremption portée
sur l'étiquette, entamés
ou non. Ils sont prêts à
l'emploi, sans addition d'aucun
produit.
- Ils seront employés pour
les colonies non menacées
par la maladie (paramyxo).
II est nécessaire de vacciner
des pigeons indemnes de tout parasitisme
et microbisme. En conséquence,
il est recommandé de vacciner
juste après un traitement
de prudence (Trichomonose Coccidiose
par exemple) ou spécifique
si on sait quelle affection sévit
dans la colonie à l'état
chronique.
II est bon, le jour de la vaccination,
de donner un comprimé d'aspirine
par litre d'eau et un seul léger
repas, après vaccination.
Sortir le vaccin du frigo quelques
heures à l'avance. Ne jamais
le mettre au bain marie.
On opérera sur des pigeons
à jeun.
- Enfermer les pigeons dans leurs
cases ou les mettre en panier.
Agiter énergiquement le vaccin.
Prélever le vaccin en piquant
une grosse aiguille à travers
le bouchon de caoutchouc, adapter
la seringue sur l'aiguille piston
tiré, pousser le piston pour
injecter de l'air dans le flacon,
retourner le tout (flacon, fond
en l'air) et remplir la seringue
en tirant le piston. Retirer la
seringue pleine et y adapter une
aiguille fine (par exemple 25 mm
6/10), la grosse aiguille restant
piquée dans le flacon.
Injecter à chaque pigeon
0,2 à 0,25 ml (10 U d'insuline
sur les seringues spéciales)
par la voie intramusculaire profonde.
Tenir le pigeon d'une main, le dos
contre la poitrine de l'opérateur,
écarter les plumes sur le
bréchet. Tenir la seringue
de l'autre main, inclinée
à 45° et piquer à
1 cm sur le côté du
bréchet, à mi longueur
de celui ci et enfoncer l'aiguille
profondément (2 cm). Pousser
le liquide.
Frictionner très énergiquement
l'endroit de la piqûre aussitôt
après.
Ne donner un repas, léger,
que plusieurs heures plus tard.
Cette vaccination peut succéder
à une autre (vaccin analogue
ou La Sota) pratiquée plus
ou moins longtemps auparavant.
La PROTECTION est obtenue chez les
pigeons recevant le vaccin pour
la 1ère fois ou n'ayant pas
été vaccinés
depuis plus d'un an, 15 à
20 jours après l'injection.
Les accidents sont très rares
maintenant. La plupart proviennent
d'erreurs de l'amateur : vaccin
glacé pigeons non enfermés
au préalable piqûre
insuffisamment profonde friction
insuffisante des chairs après
l'injection mauvaise santé
générale ou individuelle
(néphrite des vieux voyageurs
par exemple).
La période que je recommande
est celle du premier couvage assez
proche de la saison sportive et
tranquille pour les pigeons. Les
pigeonneaux seront ensuite vaccinés,
comme les adultes, au fur et à
mesure des sevrages, avant d'être
mis au colombier des jeunes.
Avec cette méthode, je vous
garantis la tranquillité
totale l'automne prochain.
Pour obtenir une protection couvrant
toute la saison et l'automne, le
vaccin La Sota doit être totalement
exclu. Nous en reparlerons.
Dr Jean Pierre STOSSKOPF