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INTOXICATIONS
Notre siècle est dominé
par la chimie. Le champ où
vont tous nos pigeons est un enfer
chimique périodiquement et
régulièrement renouvelé.
S'y succèdent engrais, traitements
chimiques (insecticides fongicides),
amendements. Mais les villes ne
valent pas mieux avec leurs vapeurs
d'essence, de mazout, les fumées
sulfureures ou nitriques. Et il
faut y ajouter les médicaments
dont abusent certains amateurs,
véritables maniaques du traitement.
Si certaines intoxications sont
caractéristiques, la plupart
prêtent à confusion
si bien qu'on va aussi bien les
confondre avec des maladies microbiennes
ou parasitaires que prendre une
maladie pour un «empoisonnement
au champ».
Pourquoi les pigeons s'intoxiquent
ils ? Ils recherchent la plupart
du temps la nourriture ou un complément
de cette nourriture (sel, oligo
éléments, etc ...).
Cela les amène à consommer
grains traités (insecticides
fongicides), de l'engrais granulé
(goût salé), à
rechercher certaines boissons à
goût salé, ou astringent,
etc... Deux considérations
préalables : la nécessité
d'une alimentation complète
et bien équilibrée
non seulement sur le plan des graines
mais aussi sur celui des compléments
classiques (sel, grit, verdure,
etc ...1. Et aussi la nécessité
d'une recherche scientifique et
pratique de la totalité des
besoins minéraux, acides
aminés, vitamines, etc...
qui n'ont jamais été
fixés et qui font que les
pigeons, en particulier au moment
de l'élevage des pigeonneaux,
malgré toutes sortes de compléments
à leur disposition au colombier,
se précipitent au champ.
Certaines défaillances de
l'amateur peuvent provoquer des
catastrophes: pigeons manquant d'eau
au colombier qui vont boire dans
les flaques d'eau en bordure des
champs traités et rentrant
mourir au colombier (intoxication
par les organophosphorés
insecticides, et plus rarement par
les fongicides mercuriels).
Parmi les intoxications «simples»
de plus en plus rares au fur et
à mesure que la chimie agricole
devient plus subtile (on n'emploie
plus d'arsenic, moins de sulfate
de cuivre, moins de mercure, beaucoup
moins de plomb) celle qui reste
la plus fréquente est celle
par le sel de cuisine. Et là,
l'amateur est habituellement le
grand responsable : on connaît
les besoins réguliers du
pigeon en sel de cuisine (chlorure
de sodium), en particulier pendant
l'élevage des pigeonneaux.
AUSSI, de nombreux amateurs mettentils
tout simplement un petit pot de
sel au colombier. C'est très
bien si... on en remet tout de suite
quand il n'y en a plus. Si les pigeons
sont plusieurs jours sans sel, leurs
besoins quotidiens s'additionnent.
Alors, ou bien ils vont au champ
et consomment des granulés
salés d'engrais s'ils entrouvert
et s'empoisonnent (intoxications
par les nitrates, les phosphates,
la potasse) ou bien, quand l'amateur
remet du sel, ils s'en gavent et
en meurent : 5 grammes (une cuillère
à café) de sel tuent
un pigeon.
Parmi les poisons organiques, les
plus fréquents sont les organophosphorés
insecticides consommés accidentellement
dans l'eau de boisson, poisons du
système neuro musculaire
(faiblesse, vomissements, diarrhée,
troubles cardiaques), les désherbants
(faiblesse, troubles cardiaques),
les grains traités aux fongicides
(sels organiques de mercure =diarrhée
hémorragique, ivresse ou
Thirame apparentes = vomissements,
diarrhée, paralysie). Beaucoup
plus rares sont les intoxications
parle métaldéhyde
(antilimaces), la crimidine (antimulots),
la strychnine provoquant tous deux
des crises nerveuses qui rappellent
l'épilepsie ou par la coumarine
!raticide) responsable d'hémorragies
internes quelques jours après
la consommation.
Beaucoup plus fréquentes
encore sont les intoxications chroniques
: le pigeon avale ou respire chaque
jour (vapeurs d'essence, de benzine,
gaz de fumier, etc) et faibles quantités
de poison qui n'ont aucun effet
spectaculaire mais provoquent peu
à peu des symptômes
caractéristiques : par exemple
amaigrissement, diarrhée,
troubles nerveux, etc... par atteinte
du foie, des reins, du cerveau.
Une anecdote caractéristique,
un très brillant amateur
liégeois voit peu à
peu ses résultats baisser.
II fait rechercher les diverses
maladies classiques, rien ! Un jour,
il voit ses pigeons boire avec délices
les gouttes d'eau perlant au bout
des crochets de cuivre qui tiennent
les ardoises du toit. Pourtant ce
toit a toujours existé. Un
jour, il fait le rapprochement avec
la transformation de son chauffage
central à charbon en chauffage
au fuel. En réfléchissant
bien, il en arrive à la conclusion
que ses déboires datent de
là. Sans plus attendre, il
remet son chauffage au charbon.
Et peu à peu, les résultats
remontent. II est probable que l'action
des fumées du fuel sur le
cuivre des crochets donnait naissance
à un composé toxique
à la longue et... fort apprécié
des pigeons.
Parmi les intoxications par les
plantes, signalons la plus fréquente
: celle déclenchée
par la consommation )par manque
de grit et de verdure) des lichens
des toits d'ardoise (rejoint on
là le cas précédent,
les lichens accumulant le toxique
?I. Les pigeons sont pris de faiblesse,
paralysie totale et mort si on n'intervient
pas.
Que faire en cas d'empoisonnement
? D'abord se retirer de l'idée
que le lait est un «contre
poison». Ca n'est que très
rarement vrai (mercure).
Tout d'abord, il faut faire rejeter
le poison encore dans le jabot.
Donc lavage du jabot avec une bonne
poire d'eau tiède. Aussitôt
après, on bascule le pigeon
tête en bas, on prend le jabot
à pleine main et on serre
pour faire vomir immédiatement
cette eau. Si on la laisse et surtout
si le poison est soluble, on aggrave
l'intoxication puisqu'on hâte
la diffusion par l'eau, à
travers l'appareil digestif et l'organisme
tout entier.
Ensuite, il faut lutter contre les
symptômes : donner des calmants
aux excités, des toniques
(un grain de café pas plus)
aux endormis et aux paralysés,
etc... Enfin, il faut prévenir
l'atteinte du foie et des reins,
très fréquente, par
les toniques du foie (boldo, méthionine,
choline) les diurétiques.
Ces produits peuvent être
conjugués avec un complexe
vitaminique B, tonique du système
nerveux et musculaire.
Les suites des empoisonnements sont
fort variables. Certains pigeons
n'en portent aucune trace, d'autres
restent marqués à
vie, maigres, triste, entéritiques.
L'élimination de ces derniers
s'impose. Comme on l'a vu, la vigilance
de l'amateur est la meilleure garantie
contre la plupart des intoxications.
Docteur J. P. STOSSKOPF
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n°18 chemin de l'étang
long 66380 PIA
TPH: 04 68 63 32 26
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