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Fin de Mue.


Nous voici à l'époque de l'année où la majorité des pigeons termine sa mue. Les rémiges "de combat", c'est à dire les 4 dernières, ont repoussé dans de bonnes conditions climatiques. Nous avons connu un temps doux et les calories de la ration ont pu passer dans la formation de la plume plutôt que dans la lutte contre le froid. Je pense en particulier aux matières grasses (acide linoléique et ses dérivés) des graines de lin, colza, tournesol, qui avec la vitamine A et les acides aminés soufrés font ou ne font pas le beau plumage.
Tant que ce temps doux va durer, les attardés de la mue pourront la continuer sans dommages.
Mais pourquoi sont ils en retard ?
Tout d'abord il y a ceux qui ont beaucoup élevé à l'arrière saison. Comme chacun sait, l'élevage bloque la mue et à l'automne, cela provoque un retard considérable. Si le colombier est chaud et sec, il n'y a pas de temps perdu mais il est impératif d'interdire tout élevage précoce à ces pigeons.
Ensuite, il y a les femelles de veufs. Elles ont été cloîtrées pendant 4 mois, dans des conditions sévères puiqu'elles ont connu la claustration étroite en cases individuelles, ou la volière commune avec un régime léger, léger, pour éviter qu'elles s'accouplent et pondent. Enfin, il y a la santé. Nous avons jadis vu cela. Non seulement la mue est lente, mais encore elle est de qualité médiocre quand la santé est déficiente. En effet, l'assimilation parfaite des principes alimentaires suppose un intestin, un foie, des reins en parfait état. Tout déséquilibre dû à un parasitisme ou un microbisme, en provoquant l'acidose (chairs bleues), non seulement diminue l'assimilation des principes nutritifs mais encore intoxique le follicule où se forme la plume d'où mauvaise assimilation des constituants de la jeune plume, qui sera "maigre", peu colorée, plus courte et étroite que la normale. Inutile de spécifier qu'un tel état de fait doit entraîner dans les meilleurs délais la recherche de la cause et sa solution, au besoin par l'homme de l'art.
Si le pigeon s'adapte assez facilement à l'état de son aile (certains pigeonneaux volent très bien avec une "rémige de combat" en cours de remplacement fin août septembre), l'amateur n'en a pas moins grand intérêt à assurer la qualité optimale de la mue, en particulier des grandes rémiges. Comment rétablir la situation quand elle laisse à désirer.
Tout d'abord, l'élevage est formellement proscrit. Le pigeon doit rester tranquille dans sa case jusqu'à la fin complète de sa mue. Ensuite ce pigeon continuera à recevoir une ration "mue" abondante tout le temps qu'il faudra et ne recevra pas la ration hivernale avec 50 % d'orge comme il est traditionnel. On ne peut éviter que tôt ou tard le beau temps va changer et il est très important que le pigeon reçoive calories abondantes et tous les composants nécessaires à la formation de la meilleure plume. On voit donc que l'élevage précoce est strictement réservé aux pigeons qui ont fini de muer. Si, bien sûr, ils peuvent très bien continuer à pousser leur dernière plume au cours du couvage, la chasse à nid, le bouleversement hormonal et calorique de l'accouplement n'en constituent par moins des facteurs plus ou moins néfastes à la croissance de la meilleure 10 ° rémige.
Si tous les pigeons sont en retard, il est bon de passer en revue tous les éléments du problème : cesser tout élevage, voir la composition et la qualité du mélange et le remplacer au besoin par un mélange qui a fait ses preuves, voir le colombier : aération humidité isothermie. Le colombier douteux va, le plus souvent, avec la santé. Encore une fois, on se rend compte que "tout se tient".
Et puis il y a la qualité du plumage lui même. L'existence de plumes anormales, sèches, rabougries, chez plusieurs ou de nombreux pigeons de la colonie doivent faire penser à une action néfaste directe sur la glande du follicule plumifère ou sur la jeune plume elle même.
Parmi ces agents néfastes, on peut signaler les agents chimiques "antifoliques", c'est à dire qui bloquent l'acide folique (vitamine Bc) nécessaire à la formation de la plume (et en particulier de la mélanine, couleur noire, qui y entre) mais aussi aux coccidies pour se développer. On a donc employé ces "antifoliques" dans des médicaments anticoccidiens où ils permettent de baisser très nettement la proportion de sulfamides, d'où leur moindre prix. Oui, mais ... Tous les pigeons qui "poussent une plume", y compris les pigeonneaux au plateau, vont avoir cette plume marquée d'un trait blanchâtre (mosaïque) avec hampe rabougrie et barbes rares, tordues, rachitiques et décolorées.
Certains poux, appelés "gonolon" à abdomen globuleux (contrairement aux "lipeuvres" en forme de "trait d'union) qui se mettent dans le follicule puis sur la hampe, à la naissance des barbes s'y reproduisent en masse et provoquent des désordres inflammatoires de la croissance de la plume. Ce ne sont pas des "pennes de sang" mais de vilaines plumes, mal passées.

JP STOSSKOPF



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