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DOPING


L'affaire BEN JOHNSON a remis le problème sur le devant de l'actualité. Cela devait, logiquement, remuer aussi les milieux colombophiles. On a vu même quelques excités demander un.., contrôle antidopage des pigeons. En dehors de toute autre considération (que nous allons voir), ils ignorent manifestement les prix de revient de tels contrôles.

D'abord, qu'est ce qu'un doping ? C'est ce qui permet de faire mieux. II y a des dopings physiologiques mais aussi des dopings intellectuels. Comme cette définition est très large, on l'a affinée. C'est un produit artificiel, non produit par l'organisme, qui permet de faire mieux par exemple la caféine, les amphétamines, la cocaïne, etc... On a donc employé de préférence des produits naturels =les hormones (surrénales cortidose - thyroxine, etc), les vitamines, les oligo éléments (apportés normalement par l'alimentation) et là ça a commencé à devenir plus complexe. En effet, l'extraordinaire effort musculaire répété toujours plus, plus fort à l'entraînement et à fortiori en compétition, entraîne une consommation largement accrue d'hormones, de vitamines, d'oligo éléments, de minéraux (phosphore calcium magnésiumpotassium) d'acides aminés (acide aspartique) etc.

Tous ces principes on les a donc apportés artificiellement. Et là ont commencé les ennuis actuels. En effet, il est difficile bien que les athlètes de haut niveau soient en même temps sous haute surveillance physiologique de remplacer exactement tout ce qui a été consommé par l'athlète à l'entraînement et en compétition. Si l'apport supplémentaire de vitamines, minéraux, oligo éléments ne présente ni grandes difficultés ni danger spécial, il n'en est pas de même des hormones. Et si lors d'un contrôle antidopage, on constate un excès de testostérone (hormone mâle), thyroxine (thyroïde), cortisone, l'athlète connaît de sérieux problèmes. Deux écoles se heurtent actuellement l'une veut assurer ces besoins supplémentaires de l'athlète de haute compétition, l'autre assure qu'il n'a qu'à «faire avec •> ce que produit son propre organisme, les exploits dussent ils en souffrir.
Ajoutons, à propos des dopings vrais (artificiels) qu'ils font partie de nombreux médicaments (par exemple éphédrine dans les gouttes nasales contre le rhume, cocaïne et ses dérivés dans les sirops contre la toux, etc). Ces produits sont donc interdits aux athlètes avant toute compétition.
Et puis, il y a les fameux anabolisants. Ayant constaté que les traitements à l'hormone mâle (testostérone) provoquaient une augmentation progressive de la musculature, on a recherché des dérivés de cette hormone qui seraient encore plus efficaces sur le plan musculaire et, si possible, moins actifs sur le plan sexuel et caractériel (agressivité, diminution de la fécondité masculine, risques de tumeurs sexuelles, etc). C'est cela ces anabolisants maintenant nombreux.
Dans tous les sports où la puissance musculaire est primordiale leur utilisation permet d'augmenter les performances. Cependant n'ayant aucune action sur la solidité des tendons qui relient muscles et os (permettant ainsi le mouvement), on obtient quelquefois... des ruptures de tendons. Quand la traction augmente, la corde doit être plus solide...
Le traitement est de longue haleine, avant d'obtenir l'effet recherché plusieurs mois minimum, soit par la bouche, soit en injections intramusculaires (le produit est dissous dans l'huile).
On décèle maintenant très facilement ces produits par l'analyse d'urine d'où les problèmes de M.BEN JOHNSON.
Qu'en est il chez nos pigeons ?
Nous éliminerons tout de suite la plupart des dopings vrais qui tous sont immédiatement actifs = le délai entre l'enlogement et le lâcher est pratiquement toujours trop long. L'effet doping est fini au moment du lâcher. On a donc cherché à retarder cet effet en employant des dragées qui ne libèrent le produit actif que dans le gésier. On gagne donc le temps du trajet jabot - gésier c'est à dire bien peu de chose maximum 2 à 3 heures à jabot plein, ce qui est rarement le cas chez les pigeons de vitesse enlogés le soir pour être lâchés le lendemain matin. On voit que dans la plupart des cas, l'excitation du dopé se passe... au panier.
Force est donc de s'orienter vers une préparation s'efforcer de compenser un éventuel manque de vitamines et de minéraux du à l'exercice quotidien et aux concours répétés.
A cette compensation, s'ajoute la notion de surdosage vitaminique continu quia des conséquences physiologiques progressives. Les vitamines en excès sont régulièrement éliminées par l'intestin et les reins. Si elles sont continuellement renouvelées, l'organisme vit avec cet excès quia des conséquences nerveuses (toniques) musculaires (toniques également), hépatiques (stockage de glycogène, fer, etc). Voilà un premier effet favorable.
L'usage hormonal chez le pigeon n'a rien donné jusqu'ici sur le plan sportif. L'injection d'hormone mâle (testostérone) énerve le pigeon qui devient batailleur et obsédé sexuel. Mais pas plus brillant au concours. L'usage des anabolisants ne m'a jamais rien donné non plus lors des essais effectués.
La confrontation de mes résultats avec ceux de mes confrères belges a montré que personne n'avait obtenu quoi que ce soit de valable. Faut il reprendre l'affaire ? Car en plus rien ne prouve que cela aurait la moindre influence sur le rendement sportif qui n'est pas, comme chacun le sait, proportionnel à la musculation.

Jean Pierre STOSSKOPF



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