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AVANT D'ATTAQUER
Vers le 15 avril, dans la plupart
des colombiers, l'élevage
de la tournée de jeunes
issus des accouplements de la
mi février est pratiquement
terminé. La façon
dont il s'est déroulé
est l'indice le plus sûr
de la qualité de la saison
sportive,qui va suivre. Pourquoi
? Parce que les pigeonneaux présentent
à l'état aigu ce
que leurs parents « trainent
» à l'état
chronique. Et « traîner
» quelque chose pendant
la saison sportive, c'est être
incapable d'y briller.
Si les pipants ne sont pas brillants
de plumage, durs et muscles et
de squelette, vifs, débrouillards,
alors quelque chose ne va pas.
II convient de préciser
ce qui se passe et d'y remédier.
II n'est pas trop tard pour agir
et remettre tout cela d'aplomb.
Bien sûr, les pigeonneaux
seront soumis au triage permanent
et tous ceux qui ne regagneraient
pas le droit chemin de la santé
et de la vigueur seraient supprimés
sans hésitation : ils n'ont
aucun avenir.
Le traitement des pigeons de voyage
permettra lui aussi de les remettre
en état parfait et d'exprimer
totalement leurs qualités
sportives.
Quels sont, sur les pigeonneaux
au plateau et récemment
sevrés, les signes d'une
(ou de plusieurs) affection chronique
des parents ?
Commençons par les pontes:
8 à 10 jours après
les accouplements, toutes les
femelles doivent avoir pondu.
Seules quelques tardives vraiment
jeunettes ont droit à des
excuses. Si les pontes tardent,
s'échelonnent sur 8 à
15 jours, méfiance. Ce
qui se passe chez les copains
qui ont accouplé en même
temps que vous est une bonne base
de comparaison. Mais, si vous
avez bien nourri avant d'accoupler,
que le temps a été
doux, des pontes anormales sont
le premier signe d'un possible
microbisme atteignant les organes
génitaux.
Si microbisme génital il
y a, le microbe est dans l'oeuf
: trois signes possibles.
L'embryon meurt tout de suite
et l'oeuf est « clair ».
L'embryon meurt à 10 jours
et l'oeuf « noircit ».
Le pigeonneau n'a pas la vitalité
suffisante pour sortir de l'oeuf
et meurt dans l'oeuf béché.
Sur le pigeonneau tous les ennemis
vont pouvoir se manifester.
Sur le nouveau né d'abord
: On le retrouve mort dans les
2 premiers jours, souvent un sur
deux, et on pense que «
les parents l'ont écrasé
». C'est faux le plus souvent
: ou bien il est mort de septicémie
(à staphylocoque à
colibacille) ou bien il est mort
de faim, ses parents n'ayant pas
de lait (pape): en inspectant
le petit cadavre, on le trouve
alors, jabot vide et très
maigre.
Les pigeonneaux connaissent ensuite
une autre période critique:
celle des 8 10 jours. A cet âge,
il ne reçoit plus que du
grain, ses plumes se forment,
et surtout son organisme doit
se défendre seul, en particulier
contre le refroidissement. Cet
âge correspond aussi au
délai d'incubation et de
multiplication de la trichomonose
que ses parents ont pu lui transmettre
dés son premier gavage.
II y a alors apparition du «
muguet » de trichomonose,
masse blanche en « chou
fleur » dans la gorge ou
l'arrière gorge le plus
souvent (il y a alors obturation
de l'oesophage et mort de faim),
quelquefois au nombril ou sur
le foie, le pancréas avec
péritonite, amaigrissement,
constipation et mort. Les oocystes
de la coccidiose, transmis eux
aussi par gavage après
avoir souillé les graines
qui traînent au sol (l'hygiène!)
se développent dans l'intestin
et vers l'âge de 10 jours
déclenchent une entérite
avec diarrhée abondante
(le tour du plateau est inondé).
Les pipants maigrissent, piaillent.
Autrefois, on racontait que c'était
l'engrais pris au champ, ou la
sortie de la plume (la «
crise des 10 jours »), ça
peutêtre tout au plus un
excès de consommation de
poudre minérale. On sait
maintenant à quoi s'en
tenir.
Vers l'âge de 10 jours peut
se manifester également
la paratyphose (salmonellose)
par des mortalités brutales
au nid, d'un jeune sur deux, bien
gras,
jabot plein. Généralement
cela suit un certain pourcentage
d'oeufs « noirs »,
de quelques boiteries ou pattes
enflées, des fientes vertes
et plates, etc.
Dès cet âge, le jeune
est réussi ou non parce
que son organisme a ou n'a pas
souffert de ces attaques. Bien
sûr, si on sait à
quoi on a affaire, on peut en
rattraper un certain nombre, en
particulier ceux qui sont plus
jeunes de quelques jours, en leur
faisant un petit traitement précoce,
avant la crise aigüe. Mais
le couteau devra fonctionner au
sevrage et les déficients
seront éliminés
sans pitié : je le répète,
ils n'ont aucun avenir.
Jusqu'au sevrage, le pigeonneau
n'aura plus d'attaques à
craindre. Mais à la séparation,
et en particulier, s'il est un
peu long à se défendre
seul pour boire et manger, un
certain nombre de symptômes
risquent d'apparaître dans
les colonies douteuses : affections
respiratoires (corysa râle),
phénomènes nerveux
(microbismes du cerveau provoquant
le torticolis), enfin, amaigrissement
par les vers (quand il y a des
vers, les parents finissent l'élevage
de leurs jeunes, dans un état
de grande maigreur alors que leurs
jeunes sont ronds. Ce n'est que
vers l'âge de 6 semaines
que les jeunes maigrissent à
leur tour), ou une rechute de
coccidiose.
Certains amateurs préfèrent
ne pas élever avec leurs
voyageurs avant la saison. Si
le système semble séduisant,
à priori, il s'apparente
pour beaucoup au système
de l'autruche: il permet de ne
pas voir le danger. Je pense qu'il
est beaucoup plus rationnel de
le voir quand il est encore temps
: si les pigeons ne sont pas en
parfait état, de toute
façon, ils craqueront après
3 ou 4 concours et là il
sera trop tard. Si les pigeons
sont vraiment en parfait état
; alors l'élevage d'un
jeune, fonction éminemment
naturelle, ne peut les handicaper
sur le plan sportif.
J.P. STOSSKOPF
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n°18 chemin de l'étang
long 66380 PIA
TPH: 04 68 63 32 26
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