A PROPOS DU VACCIN
« LA SOTA »
Lorsqu' est apparue la paramyxovirose,
on a recherché tout de suite
les vaccins existants aptes à
éviter la maladie à
nos pigeons. Nous avons déjà
évoqué les vaccins
tués "poules" (Newcavac
Imopest Itanew) en suspension huileuse
ainsi que le vaccin « pigeons
» Colombovac en suspension
aqueuse.
Beaucoup d'amateurs répugnant
aux piqûres, et encore plus
après les accidents lors
des premières vaccinations
avec les vaccins huileux (chocs
à l'injection mort «
du lendemain » et «
boules » à l'endroit
d'injection sous cutanée),
se sont tournés vers les
vaccins vivants qu'on emploie chez
les volailles dans l'eau de boisson
(personne ne le fait plus, parce
qu'aléatoire et très
difficile à faire efficacement),
dans les yeux et les narines et
en aérosols. II s'agit de
virus de la paramyxovirose des poules
(maladie de Newcastle : pseudopeste)
de souches très atténuées
mais vivantes dont l'une «
Hitchner » n'a aucune valeur
pour le pigeon, l'autre, «
La Sota est encore assez bien employée.
Ces souches ont un mode d'action
tout à fait différent
des vaccins injectables. Elles ne
vaccinent pas, elles prémunissent
selon l'adage médical bien
connu avec les vaccins vivants «
la place est au premier occupant
». Tout est donc fondé
sur la prolifération, dans
les premières voies respiratoires
et surtout les voies digestives,
de ce virus vivant mais inoffensif.
Cette prolifération se fait
très vite (24 h environ)
ce qui donne à ce vaccin
« La Sota » sa principale
qualité chez les pigeons
indemnes : la rapidité d'action.
C'est donc le vaccin qui s'impose
en milieu menacé (premier
cas dans la colonie cas multiples
dans des colonies très proches).
Je rappelle que pour les vaccins
tués (huileux ou aqueux)
la protection n'est obtenue qu'après
15 à 20 jours. La contamination
de pigeon à pigeon se faisant
habituellement par la voie digestive
(aliments ou eau souillée)
ou respiratoire (poussières),
l'occupation de la voie digestive
par un virus sans danger permet
d'interdire l'évolution du
virus maladie.
Malheureusement, ce virus «
La Sota » est un virus «
poule » qu'on met dans un
pigeon. Sur ce terrain organique
défavorable, le virus «
La Sota » se maintient avec
difficulté et au bout de
3/4 semaines il a complètement
disparu de l'organisme du pigeon.
Ceux qui disent que ce vaccin crée
des « porteurs sains »
disent donc des âneries. Par
conséquent, s'il confère
une protection immédiate
« La Sota » ne la confère
pas pour longtemps. Certes en milieu
contaminé, au milieu de «
porteurs sains », le pigeon
pourra contracter une immunité
acquise qui prendra le relais de
la prémunition vaccinale.
Mais cela est très aléatoire
personne ne sait qui sont les porteurs
sains et même dans ce cas
favorable, la protection ne dépasse
jamais 3 mois. Cela a été
scientifiquement prouvé,
abondamment, par d'éminents
virologues vétérinaires
(Meulemans à Bruxelles Mlle
GUITTET en France, etc ...) et c'est
une certitude absolue. PerSOnnellement,
j'ai vu quelques cas de paramyxo
sur des pigeonneaux de quelques
mois vaccinés « La
Sota » seulement 35 jours
auparavant.
Encore faut il, non seulement savoir
cela, mais encore que:
- la souche « Hitchner »
n'a strictement aucune activité
chez le pigeon,
- la souche « La Sota »
doit être employée
à raison d'au minimum 5 doses
poussins par pigeon,
- que seul le vaccin préparé
pour instillations yeux narines
est valable, à condition
d'être employé immédiatement
après sa préparation,
à raison d'une goutte dans
chaque oeil et deux gouttes dans
chaque narine (mettre auparavant
les pigeons à la case ou
en panier).
Nous avons donc vu là les
limites, les défauts et qualités
de chaque vaccin. A vous d'en tirer
les conclusions vous même
plutôt que de suivre les racontars
qui fleurissent dans les milieux
colombophiles au milieu des vantardises
et des hypocrisies.
Jean Pierre STOSSKOPF