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     »  Affections respiratoires


A PROPOS DES AFFECTIONS RESPIRATOIRES


Si l'époque automnale n'est guère favorable à ces affections, c'est le moment où l'amateur a le temps de réfléchir, de vérifier, bref de faire son autocritique, de manière à éviter de voir sa prochaine saison compromise ou anéantie par des accidents qu'un peu de vigilance et une meilleure connaissance de leur cause auraient permis d'éviter.
C'est à ce point de vue que nous allons nous placer aujourd'hui.
Nous avons souvent évoqué et étudié ce problème. II se pose de façon fort variable, allant de la petite inflammation peu visible, au nez bouché et purulent en passant par le râle sonore comme un roulement de tambour. Chaque année, on voit de multiples colonies qui s'effondrent ainsi. Chose curieuse d'ailleurs, un bon nombre d'amateurs voient cela avec une tristesse pleine de philosophie et ne viennent consulter qu'en fin de saison après 2 ou 3 mois d'échecs constants et de pertes alarmantes. Pris au sérieux plus tôt, leur problème n'en aurait été que moins grave et plus vite résolu.
II y a une règle absolue dans le problème des affections « nez, gorge, yeux, respiration » des pigeons : la trichomonose est toujours à la base de l'histoire. Mais, entendons nous bien, elle ne reste pas longtemps seule en cause. C'est à dire qu'il faut la soigner mais qu'il ne faut pas soigner qu'elle lorsque la maladie respiratoire est déclarée. Et c'est à dire aussi que son blocage dès son apparition permet le plus souvent d'éviter les complications microbiennes de ce parasitime. C'est la grande leçon de l'expérience que nous vivons, nous les colombophiles, et que nous subissons, de plus en plus nombreux chaque année.
Ces complications respiratoires ont fait l'objet d'une importante littérature où ce ne sont pas toujours les plus connaisseurs qui ont le plus écrit. On parle très souvent d'ornithose. Les tests sérologiques (sur le sang) montrent que moins de 1 % des colonies contiennent des pigeons positifs au test de l'ornithose et parmi ces positifs, moins de 10 % sont porteurs du virus (test de la souris). Les autres se sont vaccinés naturellement et ont éliminé le virus. On parle aussi maintenant de mycoplasmose, cause très fréquente du râle des poulets : les tests sérologiques montrent que moins de 10 % des pigeons qui râlent sont positifs au test mycoplasmique. Pour le coryza, on a parlé d'un herpès virus. Dix pour cent seulement des pigeons seraient positifs. Ceci explique probablement pourquoi le vaccin qu'on nous avait promis, et qui devait être une révolution en colombophilie n'a pas vu le jour.
En fait les classiques recherches bactériologiques, montrent dans les sinus, la trachée, les poumons, systématiquement un mocrobisme important, comportant un, deux, quelquefois trois microbes différents : entérocoques, streptocoques, colibacilles, staphylocoques, (blancs ou dorés), klebsielles etc. Lors des mêmes recherches bactériologiques, on retrouve tout ou partie de ces microbes dans le foie, le coeur, les reins, le cerveau. II apparaît donc probable que la virulence locale (nez, gorge, trachée) du microbisme est directement liée à la présence du trichemoras qui fait alors office de « détonateur ».
Dans quelles circonstances extérieures ces accidents sont ils fréquents ? Comme je l'ai souvent écrit, c'est la chute des moyens de défense de l'organisme qui permet la maladie. A l'origine, il peut y avoir l'hygiène, la conception du colombier, les conditions météorologiques, les conditions du logement.
L'hygiène peut être à la base d'une contamination. Au panier, dans l'état actuel des conditions de transport, on ne peut guère l'éviter, pigeons serrés au panier, abreuvoir commun, graines servies dans la litière en cas de lâcher retardé, ou séjour prolongé au panier, poussière, aération plus ou moins défectueuse de la plupart des camions ou wagons, en particulier par temps chaud et à l'arrêt. Un pigeon en incubation de coryza ou de râle, dans ces conditions, ne tarde pas à contaminer, tous les autres. S'il s'agit de germes parasitaires et microbiens très virulents, c'est très vite fait. II en est de même lorsqu'un pigeon étranger malade est laissé au colombier par un amateur négligent. Autres causes favorisantes, la poussière (le blanc, la chaux qu'on laisse en excès sur le sol et dans les cases et qui volent au moindre coup d'aile) les fortes odeurs irritantes (pour désinfecter et éviter les maladies certains pulvérisent du crésy, du carbonyle et déclenchent ainsi des coryzas latents).
Dans le cadre des causes favorisantes, il y a évidemment tout simplement l'air vicié. C'est alors une question de conception de colombier. L'air y est vicié quand il n'y a pas évacuation régulière et continuelle de l'air respiré et de la vapeur d'eau (humidité). Alors non seulement stagne le gaz carbonique de l'air respiré mais encore l'ammoniac des fermentations de fientes et d'urines. Bien sûr c'est encore pire si le colombier est bien garni de pigeons et même un peu trop. Les amateurs ont coutume de dire « pourtant j'ai fait des aérations dans les trappes, dans le toit... ». Ca n'est pas toujours suffisant car tout dépend de l'emplacement du colombier. J'ai jadis, dû déplacer un colombier de bois pourtant bien conçu parce que dans l'angle de deux grands murs où je l'avais mis, il restait humide et que les pigeons n'y connaissaient que rarement la forme mais très souvent une bonne coccidiose. Un mouvement d'air permanent, qu'on apprécie facilement avec la fumée d'une cigarette, est toujours indispensable, quel que soit le temps, et en particulier par temps très chaud.
Les affections respiratoires connaissent chaque année une très forte progression dès les grosses chaleurs de l'été. Le mois de juillet 82 a été, à ce titre, exemplaire, aucun colombier ne pouvant assurer une température convenable aux pigeons dont le principal appareil de régulation de la température interne est respiratoire (l'autre étant la peau, mais sans glandes sudoripares). Dans ces conditions, il est soumis à rude épreuve. On raconte souvent à propos du coryza que c'est dû aux courants d'air.
L'expérience montre que c'est au contraire les grosses chaleurs qui constituent la cause déclenchante, surtout si elles sont liées à une aération insuffisamment dynamique. On voit cela couramment dans les pays méditerranéens où les amateurs isolent leurs colombiers pour qu'il n'y fasse pas trop chaud.

J. P. STOSSKOPF



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